{"id":858,"date":"2020-05-14T12:14:07","date_gmt":"2020-05-14T10:14:07","guid":{"rendered":"https:\/\/cardiohiit.be\/?page_id=858"},"modified":"2024-01-14T17:17:53","modified_gmt":"2024-01-14T16:17:53","slug":"diminue-le-sel","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cardiohiit.be\/index.php\/articles\/diminue-le-sel\/","title":{"rendered":"R\u00e9duis le SEL !"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\">Des apports en sel qui modifient en profondeur nos circuits neuronaux et fragilisent nos vaisseaux sanguins<\/h2>\n\n\n\n<p>Alors que les apports conseill\u00e9s en sodium ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s par plusieurs organismes \u00e0 1600 mg par jour (3), notre consommation quotidienne se situerait plut\u00f4t aux alentours de 3400 mg (4). La faute \u00e0 notre d\u00e9samour pour la cuisine puisqu\u2019environ 72 % de nos apports quotidiens en sel proviendraient des restaurants (5) (une notion qui inclue \u00e9galement les plats pr\u00eats-\u00e0-manger vendus dans les boulangeries, les fast-foods ou les grandes surfaces). Sans surprise, la palme revient aux plats issus de la restauration \u00ab fast-food \u00bb comme les cheeseburgers, les pizzas ou les plats en sauce \u00e0 emporter.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, c\u2019est un constat souvent&nbsp;<strong>pris \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re<\/strong>. Entre ceux qui ne voient pas l\u2019int\u00e9r\u00eat de diminuer leur consommation tant qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019hypertension et ceux qui pensent pouvoir compenser avec des produits sains (fruits et l\u00e9gumes), le sel collectionne les victimes faciles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\">Comment le sel modifie nos r\u00e9cepteurs gustatifs et nos comportements<\/h3>\n\n\n\n<p>Comme la totalit\u00e9 des animaux, l\u2019homme ne peut pas se passer de sodium. Il aide \u00e0 maintenir l\u2019\u00e9quilibre acido-basique en plus d\u2019\u00eatre indispensable \u00e0 la transmission des influx nerveux et \u00e0 la contraction musculaire. Quiconque se prive volontairement de sodium, d\u00e9p\u00e9rit en quelques semaines. C\u2019est un min\u00e9ral si important que l\u2019\u00e9volution a mis en place un syst\u00e8me de survie tout \u00e0 fait \u00e9tonnant chez les herbivores et les omnivores : chaque bouch\u00e9e d\u2019un aliment qui en contient leur procure une sensation de plaisir instantan\u00e9. Les r\u00e9cepteurs sodiques situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 des r\u00e9cepteurs gustatifs s\u2019excitent et activent un m\u00e9canisme de gratification situ\u00e9 dans l\u2019hypothalamus. De cette fa\u00e7on, nous avons tendance \u00e0 privil\u00e9gier naturellement les aliments qui en contiennent.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es, ce syst\u00e8me avait encore du sens car les aliments contenant du sodium \u00e9taient assez rares (6), mais aujourd\u2019hui, avec l\u2019acc\u00e8s illimit\u00e9 au sel, il est devenu un pi\u00e8ge mortel. Si les hommes continuent de consommer le sel en exc\u00e8s alors qu\u2019ils le savent mauvais pour leur sant\u00e9, ce n\u2019est pas par go\u00fbt du d\u00e9fi mais parce que c\u2019est irr\u00e9sistible. Le sel n\u2019apporte pas plus de go\u00fbt, mais&nbsp;<strong>plus de plaisir<\/strong>. Un plaisir complexe qui s\u2019associe insidieusement aux saveurs et aux go\u00fbts au fil du temps. Il a cette capacit\u00e9 \u00e0 modifier les circuits neuronaux et la plasticit\u00e9 sensorielle (7) que partagent entre elles les drogues : pour avoir la m\u00eame sensation de plaisir, il faut continuellement augmenter la dose. Le genre d\u2019escalade capable de g\u00e9n\u00e9rer des comportements complexes d\u2019addiction, de manques et de crises compulsives. A long terme, une consommation fr\u00e9quente de sel alt\u00e8re les r\u00e9cepteurs gustatifs et tout retour en arri\u00e8re devient difficile : une diminution des apports sal\u00e9s provoque des&nbsp;<strong>syndromes de sevrage<\/strong>&nbsp;(comme des besoins irr\u00e9pressibles de malbouffe, de l\u2019irritation, des exc\u00e8s de transpiration) et la sensation que les aliments sains sont fades (8).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019industrie agro-alimentaire, qui a toujours une longueur d\u2019avance, connait \u00e9videmment cette propri\u00e9t\u00e9 du sel : si on en trouve autant dans les produits de la restauration, ce n\u2019est pas seulement parce qu\u2019il conserve bien les aliments. L\u2019id\u00e9e est de rendre app\u00e9tissants des produits finaux tr\u00e8s appauvris en micronutriments ou enrichis en compos\u00e9s d\u00e9sagr\u00e9ables. Des sommes incroyables sont investies pour trouver la bonne combinaison, celle qui va satisfaire le palais du plus grand nombre avec les produits les moins chers possibles. La tentation est m\u00eame devenue grande de faire appel \u00e0 d\u2019autres&nbsp;<strong>exhausteurs de go\u00fbt<\/strong>, comme le chlorure de potassium ou le glutamate monosodique (soup\u00e7onn\u00e9 de provoquer de nombreux sympt\u00f4mes tels que des naus\u00e9es, des maux de t\u00eate, des douleurs musculaires, une perturbation de la s\u00e9cr\u00e9tion d\u2019insuline (9) et impliqu\u00e9 dans la physiopathologie des migraines (10-11)). Une analyse portant sur 222 plats issus des 12 restaurants les plus populaires du Canada a montr\u00e9 que 69 % d\u2019entre eux contenait au moins un exhausteur de go\u00fbt (en plus du sel).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les grandes tables, qui privil\u00e9gient g\u00e9n\u00e9ralement les bons produits, le sel s\u2019y trouve \u00e9galement en abondance mais pas toujours pour la m\u00eame raison : enclins en permanence \u00e0 go\u00fbter des produits, les cuisiniers c\u00e8dent t\u00f4t ou tard aux sir\u00e8nes du sel pour \u00ab assaisonner \u00bb leurs plats et s\u2019y laissent pi\u00e9ger. Leurs r\u00e9cepteurs gustatifs ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s et les quantit\u00e9s de sel doivent \u00eatre progressivement augment\u00e9es pour qu\u2019ils aient la m\u00eame impression de plaisir savoureux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading\">Comment r\u00e9duire ses apports en sodium ?<\/h3>\n\n\n\n<p>Etant donn\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 modifier en profondeur les circuits neuronaux,&nbsp;<strong>mieux vaut s\u2019en affranchir au plus vite et se cantonner aux apports conseill\u00e9s<\/strong>. On sait depuis longtemps que la consommation de sel est fortement associ\u00e9e \u00e0 l\u2019hypertension (12), le premier facteur de mort pr\u00e9matur\u00e9e au monde (13). Si les apports \u00e9taient abaiss\u00e9s \u00e0 1200 mg par jour, on estime que 2,5 millions de d\u00e9c\u00e8s pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9s chaque ann\u00e9e (14). C\u2019est un chiffre effrayant \u00e0 la hauteur du pouvoir destructeur du sel, trop souvent minimis\u00e9. On se demande m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 qui frappe actuellement l\u2019ensemble du monde occidental (15).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour retrouver le go\u00fbt et l\u2019authenticit\u00e9 des aliments, sortir de la spirale infernale dans laquelle le sel vous a emmen\u00e9, voici quelques pistes d\u2019action concr\u00e8tes \u00e0 mettre en pratique au plus vite :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>R\u00e9duire graduellement les apports en sel (16)<\/strong>&nbsp;en diminuant les plats pr\u00e9par\u00e9s et les sorties au restaurant. Tous les travaux montrent qu\u2019il est important de le faire de fa\u00e7on progressive pour \u00e9viter les crises compulsives et les rechutes.<\/li><li><strong>Se faire aider par des plantes<\/strong>&nbsp;traditionnellement reconnues pour r\u00e9duire les sensations de manque comme le kudzu. <\/li><li><strong>Comparer les \u00e9tiquettes<\/strong>&nbsp;et choisir les produits qui contiennent le moins de sodium.<\/li><li><strong>R\u00e9apprendre \u00e0 cuisiner<\/strong>&nbsp;en prenant le temps de pr\u00e9parer ses plats pour le lendemain.<\/li><li>Solliciter des aliments sains et savoureux, c\u2019est-\u00e0-dire&nbsp;<strong>de saison et d\u2019origine locale<\/strong>. Vous ne trouverez pas de tomate savoureuse au mois d\u2019avril dans nos contr\u00e9es occidentales, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un produit issu de l\u2019agriculture biologique.<\/li><li><strong>Solliciter diff\u00e9rents types de grains<\/strong>, comme l\u2019orge, le quinoa et le riz, qui sont naturellement non sal\u00e9s.<\/li><li>Opter pour des noix et des fruits \u00e0 coque non sal\u00e9s.<\/li><li>Choisir des eaux min\u00e9rales faibles en sodium (moins de 20 mg de sodium\/litre).<\/li><li><strong>Remplacer la sali\u00e8re \u00e0 table<\/strong>&nbsp;par des \u00e9pices, de la poudre d\u2019oignon, du sel v\u00e9g\u00e9tal, du gingembre frais, des fines herbes (basilic, origan, etc.), du jus de citron\u2026<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p style=\"color:#ffffff\" class=\"has-text-color\">a<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><em>:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>1. Guthrie JF, Lin BH, Frazao E. Role of food prepared away from home in the American diet, 1977\u201378 versus 1994\u201396: changes and consequences. J Nutr Educ Behav 2002;34:140-50.<br>2. Food-away-from-home. Washington: United States Department of Agriculture; 2014. Available: www.ers.usda.gov\/topics\/food-choices-health\/food-consumption -demand\/food-away-from-home.aspx#nutrition (accessed 2015 Jan. 4).<br>3. Australian Department of Health and Ageing, National Health and Medical Research Council &amp; New Zealand Ministry of Health(2006)&nbsp;<em>Nutrient Reference Values for Australia and New Zealand<\/em>. Canberra: Australian Department of Health and Ageing and New Zealand Ministry of Health<br>4. SA Skeaff , R McLean , J Mann et al. (2013)&nbsp;<em>The Impact of Mandatory Fortification of Bread with Iodine<\/em>. Wellington: Ministry for Primary Industries.<br>5. Quader ZS, Zhao L, Gillespie C, et al. Sodium intake among persons aged \u2265 2 years \u2014 United States, 2013\u20132014. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2017;66:324-238.<br>6. Liedtke WB, McKinley MJ, Walker LL et al. Relation of addiction genes to hypothalamic gene changes subserving genesis and gratifi- cation of a classic instinct, sodium appetite. Proc Natl Acad Sci U S A 2011; 108: 12509\u201312514<br>7. Shuler MG, Krimm RF, Hill DL. Neuron\/target plasticity in the peripheral gustatory system. J Comp Neurol 2004;472(2):183\u201392.<br>8. Rajagopal Raghunathan, Rebecca Walker Naylor, and Wayne D. Hoyer (2006)<strong>The Unhealthy = Tasty Intuition and Its Effects on Taste Inferences, Enjoyment, and Choice of Food Products<\/strong>. Journal of Marketing: October 2006, Vol. 70, No. 4, pp. 170-184.<br>9. Baad-Hansen L, Cairns B, Ernberg M, et al. Effect of systemic monosodium glutamate (MSG) on headache and pericranial muscle sensitivity. Cephalalgia 2010;30:68-76<br>10. Chan K, MaassenVanDenBrink A. Glutamate receptor antagonists in the management of migraine. Drugs 2014;74:1165-76<br>11. Cananzi AR, D\u2019Andrea G, Perini F, et al. Platelet and plasma levels of glutamate and glutamine in migraine with and without aura. Cephalalgia 1995; 15:132-5.<br>12. FJ He , J Li &amp; GA Macgregor (2013) Effect of longer term modest salt reduction on blood pressure: Cochrane systematic review and meta-analysis of randomised trials.&nbsp;<em>BMJ<\/em>&nbsp;<strong>346<\/strong>, f1325<br>13. SS Lim , T Vos , AD Flaxman et al. (2012) A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990\u20132010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010.&nbsp;<em>Lancet<\/em>&nbsp;<strong>380<\/strong>, 2224\u20132260<br>14. FJ He &amp; GA MacGregor (2009) A comprehensive review on salt and health and current experience of worldwide salt reduction programmes.&nbsp;<em>J Hum Hypertens<\/em>&nbsp;<strong>23<\/strong>, 363\u2013384.<br>15. Cocores JA, Gold MS. The Salted Food Addiction Hypothesis may explain overeating and the obesity epidemic. Medical Hypotheses 73 (2009) 892\u2013899<br>16. Institute of Medicine. Strategies to reduce sodium intake in the United States. Washington: The National Academies Press; 2010.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des apports en sel qui modifient en profondeur nos circuits neuronaux et fragilisent nos vaisseaux sanguins Alors que les apports conseill\u00e9s en sodium ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s par plusieurs organismes \u00e0 1600 mg par jour (3), notre consommation quotidienne se situerait plut\u00f4t aux alentours de 3400 mg (4). 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